Remise en cause de la gratuité des manuels scolaires : l’attitude inconséquente du gouvernement
Dès la rentrée prochaine, avec la mise en œuvre de la réforme des programmes des lycées, le gouvernement, dans la précipitation et sans concertation avec les Conseils Régionaux, va infliger aux familles des dépenses supplémentaires injustifiées.
Pour la rentrée 2010, l’ensemble des manuels scolaires des élèves de seconde sera renouvelé. Dès septembre 2010 cela représentera un surcoût de 190 à 250 € aux familles pour acquérir la nouvelle collection de livres scolaires. Il en sera de même à la rentrée 2011 pour les classes de 1ère, 2012 pour les classes de terminale. Ainsi, pendant trois années consécutives les familles devront faire l’acquisition de livres neufs tandis que d’autres seront dans l’impossibilité de revendre les anciennes collections.
Depuis 2004, la Région Champagne-Ardenne à mis en place le dispositif LycéO avec pour ambition la gratuité des manuels scolaires, mais aussi pour œuvrer en faveur du pouvoir d’achat des familles. Afin de limiter les dépenses supplémentaires des ménages, déjà durement touchées par la crise, la Région Champagne-Ardenne avec l’Assemblée des Régions de France, a demandé un étalement du renouvellement des nouveaux manuels.
Cette mesure de bon sens permettrait de ne pas remettre en cause la gratuité des livres scolaires mise en place par les Régions. De plus, elle laisserait un délai supplémentaire aux éditeurs qui ont d’ores et déjà annoncé l’impossibilité de livrer les ouvrages dans les délais impartis, trois mois au lieu de douze habituellement.
Une fois de plus, le gouvernement met en place des réformes dans l’urgence sans aucune concertation. Cette méthode brouillonne se traduit de fait par un surcoût important et pose la question de l’équité de traitement des élèves.
En effet, comme les ouvrages scolaires ne seront pas livrés avant la fin du premier trimestre, le gouvernement prévoit de mettre les cours en ligne sur Internet. Quid des jeunes qui ne disposent pas d’ordinateurs ?
Pour notre part, solidaires de l’ensemble des parents d’élèves, nous estimons que le gouvernement, une fois de plus, fait preuve de peu de discernement. Il est plus prompt à accabler les Régions par des transferts de charges, que de s’appliquer à lui-même les leçons qu’il impose aux autres.
Lorette Joly
Vice-Présidente en charge des Lycées et de l’Apprentissage.
09/07/2010