Désignation
Dénomination : usine métallurgique Décompte des oeuvres recensées : 33 repérées ; 24 étudiées
Compléments de localisation
Aire : Ardennes
Historique
Commentaire historique : Les usines métallurgiques sont des usines où, sur un même site, on produit et transforme le métal en produits semi-finis. Une trentaine ont été repérées, essentiellement dans le bassin sedanais (Vrigne-aux-Bois, Illy, Givonne), de Carignan-Mouzon (Pure, Osnes, Douzy, Blagny, Brévilly), autour de Flize-Boutancourt, de Monthermé, et de Renwez (Montcornet, Les Mazures). Le processus de fabrication dans ces usines débute souvent au stade de l'affinerie. Avant le premier tiers du 19e siècle, cette phase est assurée par une affinerie composée d'un feu et de marteaux. A partir de la décennie 1820, cette tâche est de plus en plus dévolue à un dispositif venu d'Angleterre, le four à puddler. Une fois la fonte affinée en fer, le plus souvent sous la forme de barres, l'étape suivante consiste à transformer ce fer en produit semi-fini : plaques, fers plats ou fils. Lesquels étaient ensuite utilisés par les charrons, les forgerons et les maréchaux ferrants, les taillanderies (fabriques d´outils tranchants), ou les tréfileries qui fournissent en fil et minces tiges les cloutiers de Charleville et des vallées. Le fer large était fourni aux usines de ferronnerie et de boulonnerie, les petits fers servaient à la bouclerie et aux ateliers de platinerie. L'étape suivant l'affinerie pouvait être assurée par un martinet (mentionné par exemple à Givonne à la fin du 18e siècle, ou à Illy en 1812), par une fenderie (mention à La Commune en 1801), une platinerie (à Matton-et-Clémency, fabrique du fer platiné pour la poêlerie, spécialité locale), ou laminoir (à Flize en 1832, ou à l'usine de la Jacquemotte à Illy en 1835). Certaines usines intègrent plusieurs processus de transformation dès leur conception comme à la Fenderie de Vrigne-aux-Bois où J.-N. Gendarme installe une affinerie, une fenderie, deux laminoirs et un marteau cingleur ; ou bien après-coup comme à Pure où Devillez-Bodson ajoute vers 1830 une fenderie à son affinerie et à son laminoir. Celles plus complètes encore et incorporant un haut fourneau sont assez rares dans la première moitié du 19e siècle. En 1806, les Neuves-Forges des Mazures qui appartiennent à J.-N. Gendarme possèdent deux bocards, deux hauts fourneaux, une forge d'affinerie, une rebatterie de boulets et une platinerie ; et les forges de Brévilly sont composées en 1819 d'un haut fourneau, de deux feux d'affinerie à deux marteaux, de deux fours à puddler, et d'un laminoir. En 1822, les frères Lagard innovent à Linchamps en regroupant dans une longue halle (subsistante) le haut fourneau, la forge et la fenderie. La seule usine semblant avoir appliqué totalement les méthodes anglaises (utilisation du coke) était l'usine de Guignicourt-sur-Vence, construite en 1824 par Bertrand-Geoffroy : elle comportait un haut-fourneau (éteint en 1838), deux feux de forges et deux fours à puddler, un laminoir, une fenderie. A partir de la seconde moitié du 19e siècle, les usines métallurgiques vont aller plus loin en aval dans le processus de fabrication (vers le produit fini) et beaucoup moins en amont (abandon progressif des hauts fourneaux intégrés, comme à Guignicourt-s.-Vence dès 1838). Ainsi, l'usine de Pure qui disposait dans la 1ère moitié du 19e siècle d'un système assez complet allant jusqu'au laminoir se voit ajouter des presses et des pilons à partir des années 1850. L'aboutissement ultime de ce type d'usine se trouve à Vireux-Molhain où l'usine qui voit le jour en 1862 est équipée de six fours à puddler, deux fours à réchauffer, deux cubilots et des laminoirs ; en 1866 un haut fourneau de 16 mètres (le plus haut réalisé dans le département, éteint en 1893) est construit pour alimenter l'usine en fonte ; elle s'équipe ensuite de convertisseurs Thomas, de fours Martin, et de laminoirs afin de produire de l'acier, de l'acier laminé et des essieux de train. Cette diversité de production et les volumes produits font de cet établissement le plus important du secteur métallurgique du département dans la 2e moitié du 19e siècle. Datation(s) principale(s) : 19e siècle
Description
Commentaire descriptif : Jusqu'à cette époque, et comme à Guignicourt-sur-Vence, les bâtiments de ces types d'usines sont constitués de traditionnelles halles en moellons (calcaire pour la partie centrale et est du département) avec toitures à longs pans (souvent à croupe ou demi-croupe) à charpente en bois. A partir du second tiers du 19e siècle, on voit apparaître des halles oblongues, tout en longueur et dotées de fenêtres en plein-cintre, dont le prototype semble apparaître au laminoir de Phades construit en 1834 ou à celui de l'usine de Flize (1832-1834) ; le bâtiment de même type de la Nouvelle Fenderie à Vrigne-au-Bois date de 1843 ; ces deux dernières usines appartenaient à J.-N. Gendarme. Les quelques bâtiments subsistants de l'établissement métallurgique de Vireux-Molhainsont d'une grande diversité et montrent que tous les modes constructifs des différentes époques ont été utilisés (brique, charpente métallique, pan de fer et brique de laitier). Comme de nombreuses usines de ce secteur, le site est équipé d'une centrale hydroélectrique pour assurer partie de son approvisionnement énergétique. Elle était reliée au chemin de fer et possédait un port sur la Meuse permettant son alimentation en combustible et en matière première.
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| Carte des usines métallurgiques recensées |
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